Retrouver le quotidien du temps ordinaire

INTRODUCTION

Bronzée, ressourcée, pleine d’énergie et de bonnes résolutions pour la rentrée : c’était peut-être vous il y a quelques semaines à peine ? Qu’en est-il quelques semaines plus tard, en ce mois d’octobre ? Vous sentez-vous, comme moi, déjà épuisée, repartie le nez dans le guidon, en vous demandant quand sont les prochaines vacances et comment vous allez faire pour « tenir » jusque là ?! Souvent la réalité nous rattrape et vient nous bousculer. Elle vient bousculer les rêves et les projets que nous avions faits pour notre vie, pour nous-même, pour notre « petit monde ». Nous voulons à travers cette mini-retraite, vous proposer d’entrer dans ce chemin de réalisme, d’accueil de l’aujourd’hui que Dieu nous propose de vivre avec Lui, dans la bienveillance pour nous- mêmes et ceux qui partagent notre vie.

Jour 1 : Après une rentrée en force, accueillir ma vulnérabilité dans l’ordinaire de ma vie.
Jour 2 : Faire ou être : Avoir une vie pleine de sens
Jour 3 : Accueillir et vivre l’instant présent.
BONUS : Vivement dimanche !

Nous le ferons en nous mettant notamment l’école de Ste Thérèse de Lisieux et Sainte Thérèse d’Avila – la petite et la grande ! – que nous fêtons en ce mois d’octobre.
Nous écouterons aussi ce que Saint Ignace et Saint Bernard ont à nous dire sur la « gestion » du temps.
Nous vous invitons à vivre cette retraite à votre rythme, quand le Seigneur vous indiquera le bon moment pour prendre quelques jours avec Lui.
N’oubliez pas de vous équiper d’un joli petit carnet, qui vous accompagnera jour après jour, mois après mois, dans votre chemin de vie avec le Seigneur.
Nous vous proposons d’associer ces temps de méditation, de réflexion, d’écriture à la prière de la Communauté Vivante ! : XXX

Bonne retraite !

L’équipe Cœur de Femme http://www.coeurdefemme.org

JOUR 1 : Après une rentrée en force, accueillir ma vulnérabilité dans l’ordinaire de ma vie.

L’été s’en va, l’hiver s’en vient… et comme nous entrons dans l’automne, nous entrons dans le temps ordinaire de notre vie, avec la routine du quotidien.Les bonnes résolutions que nous avions prises cet été au bord de la piscine, en escaladant un sommet ou peut-être même lors d’une session ou d’une retraite commencent à prendre l’eau… et nous ne sommes pas à la hauteur des plans de gestion que nous avions faits pour notre vie.Eh oui, souvent, nous les femmes, nous voulons tout contrôler, nous nous croyons obligées de jouer tous les rôles… et si possible, sans jamais demander d’aide et en gardant le sourire !Mais sur la durée, cela ne tient pas !
Et nous sommes alors confrontées à la réalité de notre humanité : je touche du doigt que je ne suis pas toute-puissante, que je suis vulnérable…Notre vulnérabilité peut nous faire peur, nous sommes tentées de vouloir la cacher, aux autres et à nous-mêmes…
Or c’est précisément notre vulnérabilité qui nous rend humaine, belle, vivante…Il y a une grande force à oser se montrer vulnérable !
C’est notre vulnérabilité qui nous ouvre à la relation… relation avec les autres, relation avec Dieu.L’autre est vulnérable, je le suis aussi. C’est ce que nous avons en commun, c’est ce qui nous permet de nous reconnaître en vérité pour ce que nous sommes : cela permet un décentrement de soi.Au fond, derrière ces masques se cache la peur : peur de me montrer, peur d’être jugée…la liste est longue et je peux noter ce qui me vient sur mon carnet.Puis nous le savons bien : Nous sommes faites pour la relation ; la relation c’est la vie !
Pistes de réflexion :

– Comment est-ce que je laisse le Seigneur me rejoindre dans ma vulnérabilité ? dans ma peur de me montrer vulnérable ?
– Comment est-ce que je laisse Dieu ordonner toute chose dans ma vie ? Comment pourrais-je le laisser faire encore davantage ?
– Est- ce que je lui demande son avis sur mes plans et mes projets ? Est-ce que je lui demande quels sont Ses plans ?

Prière :

Nous vous proposons un « truc »! Vous pouvez apprendre par cœur l’une de ces deux courtes prières, été la faire monter ver Dieu dans les moments où vous vous sentez particulièrement vulnérable ou submergée.

« Mon Père je m’abandonne à toi, je mets ma vie entre tes mains, je te la donne ô mon Dieu car c’est un besoin d’amour de me donner à toi sans mesure ».Charles de Foucauld

« Mon Dieu, je suis si persuadé que Vous veillez sur ceux qui espèrent en Vous, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de Vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur Vous de toutes mes inquiétudes ».
Saint Claude de La Colombière (1641-1682)

Jour 2 : Faire ou être : Avoir une vie pleine de sens.

Aujourd’hui nous vous proposons de méditer sur ce qui donne sens à votre vie, à votre existence.

Un petit témoignage : Je suis un peu du genre perfectionniste et cela peut me conduire à certains moments à être hyper active. Comme « ce n’est jamais assez bien », il faut toujours que j’en fasse plus… : il est 23h, je suis épuisée, mais « il faut » absolument que je lance une machine de linge …. et puis j’ai « juste » encore quelques mails à traiter… Cette exigence perfectionniste, a tendance à se reporter sur tous les membres de mon entourage…

A l’opposé, parfois fatiguée de toute cette tension, il m’arrive d’accumuler le désordre et de me laisser submerger…
Ça vous parle ? (il parait que je ne suis pas la seule !! (- 😉 Bien sûr, ça pourrait ne jamais s’arrêter … sauf si….
SAUF SI j’écoute ce que mon Dieu me dit, ce qu’Il dit de moi !

Dans sa Parole, en Isaïe, il me dit :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur. (…) tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime »
et tout au long de la Bible, le Seigneur me rappelle qui je suis vraiment : Je suis sa fille bien-aimée, je suis fille de Roi ! Et cela Lui suffit ! Voilà votre vraie identité, sur laquelle vous pouvez solidement fonder votre vie.

Le Seigneur me dit aussi que je peux me reposer en Lui… ME REPOSER EN LUI !
Je suis déjà sauvée, je n’ai pas besoin de lui prouver ma valeur… ni de la prouver à quiconque car Lui seul me dit la vérité de qui je suis et me révèle ma vraie identité.Mais pour entendre cette voix au fond de mon cœur, il faut encore que j’accepte, que je décide d’arrêter cette course folle de mon quotidien, que j’ouvre les oreilles de mon cœur…
Me mettre à l’écart un moment, fermer les yeux, respirer profondément et me mettre en Sa Présence… descendre dans mon cœur…. Et demeurer avec Lui….
Sainte Thérèse d’Avila nous dit : « L’oraison n’est rien d’autre, à mon avis, qu’un commerce d’amitié
où l’on s’entretient souvent et seul à seul avec Celui dont nous savons qu’Il nous aime. »
Et encore : « Ce qui importe avant tout, c’est d’entrer en nous-même pour y rester seul avec Dieu. »Le Chemin de la perfection (1565)

Souvent, nous n’avons pas des heures, mais nous avons des minutes !!Combien j’aime que Sainte Thérèse nous invite à souvent descendre dans notre cœur !

Citation :
« Si tout ce qui fait ta vie et ta sagesse, tu les donnes à l’action, sans rien préserver pour l’action et la méditation, vais-je te louer ? Non, en cela, je ne te louerai pas. Et il ne se trouvera personne, je pense, pour le faire, s’il a entendu cette parole de Salomon : qui limite son action acquerra la sagesse. »Saint Bernard, Exhortation au Pape Eugène III

Pistes de réflexion :
– Où mettez- vous votre identité ? : Dans votre travail ? Dans vos relations ? Dans votre apparence vestimentaire ou la décoration de votre logement ? dans vos œuvres ?
Ou dans ce que vous êtes ?
– Quelle importance donnez-vous à la reconnaissance extérieure de ce que vous faites ?
– Quel regard posez-vous sur vous ? Vous reconnaissez-vous être la Bien Aimée ? La Fille du Roi ?
– Dans vos relations : votre regard sur vous-même est-il suffisamment bienveillant, avec suffisamment d’estime de vous pour être sûre que votre simple présence aux autres suffit à nourrir la relation ? Ou avez- vous besoin de faire pour exister et avoir le sentiment de votre propre valeur aux yeux des autres ?
– Dans votre prière, est-ce que vous pouvez vous reposer en Dieu, ou est-ce que là aussi vous avez besoin de « bien faire » ?

Prière :
En priant avec la prière de la communauté « Vivante ! » nous vous invitons à vous laisser longuement regarder par le Seigneur et à noter comment Il vous parle ? Que dit-il de vous ?

Jour 3 : Accueillir et Vivre l’instant présent.

Nous ne recevons pas seulement la vie au moment de notre conception, comme un capital qui serait définitivement acquis et qu’il s’agirait de gérer au mieux tout au long de notre existence terrestre. Non ! Chaque jour, chacun d’entre nous reçoit 24 heures : c’est notre capital temps. Ces heures sont à vivre, c’est un don reçu.
Vivre au temps présent est une sagesse difficile à acquérir. Vivre au présent, c’est être là, bien présent, être lucide sur ce que nous vivons à l’instant même, immédiatement. C’est recevoir ce que la vie nous donne, ce que l’autre nous donne.
Quelle que soit notre vie, Dieu est présent : être présente à sa présence assure le repère permanent qui me recentre.

Interrogeons–nous un instant :
Et moi ? Commente est-ce que je reçois le temps ? Comme un cadeau précieux à « déballer », à goûter, instant après instant… ou ai-je plutôt l’impression qu’il est un ennemi après lequel je cours en m’essoufflant ?
Comment est-ce que j’accueille les cadeaux de la vie : une parole qui vient comme un baume sur mon cœur, un sourire offert dans la rue, une rencontre? Comment est-ce que je leur donne de la valeur dans mon quotidien ? ou comment au contraire est-ce que je les ignore, les minimise, trop pressée que je suis à rattraper le temps perdu ?
Et comment, puis-je moi aussi répandre un parfum agréable autour de moi en offrant telle parole, tel geste ? En créant de l’espace dans ma vie pour la rencontre ?

St Ignace nous invite à « ne jamais différer une bonne œuvre, fût-elle aussi petite, dans l’idée que nous en ferons de plus grandes en un autre temps. »

Oui, la manière dont j’utilise mon « capital temps » peut, à chaque instant, donner la vie !
(méditation inspirée de Denis Delobre s.j. dans Ordonner son temps.)

Citation :Etty Hillesum : « Je vais te promettre une chose, mon Dieu, oh !une broutille ! : je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance. »

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : Rien que pour aujourd’hui

Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère

Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit.Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre.Je n’ai rien qu’aujourd’hui !…
Oh ! je t’aime, Jésus ! vers toi mon âme aspire. Pour un jour seulement reste mon doux appui. Viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire, Rien que pour aujourd’hui ! Que m’importe, Seigneur, si l’avenir est sombre ? Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !…
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre Rien que pour aujourd’hui.
Si je songe à demain, je crains mon inconstance Je sens naître en mon cœur la tristesse et l’ennui.Mais je veux bien, mon Dieu, l’épreuve, la souffrance Rien que pour aujourd’hui.
Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle O Pilote Divin ! dont la main me conduit.Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle
Rien que pour aujourd’hui. Ah ! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face. Là je n’entendrai plus du monde le vain bruit Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce Rien que pour aujourd’hui.
Près de ton Cœur divin, j’oublie tout ce qui passe Je ne redoute plus les craintes de la nuit Ah ! donne-moi, Jésus, dans ce Cœur une place
Rien que pour aujourd’hui.

Pistes de réflexion :

– Je regarde avec honnêteté comment j’utilise mon temps. Et je me pose la question : Est-ce que ce sont les lieux de Vie ? Est-ce que je vis ces moments avec le Seigneur ? Est-ce que je vis ces moments dans l’agitation ou dans le calme et la paix ?
– Comment-puis dans ma journée aujourd’hui ou demain offrir quelques instants, quelques minutes, quelques heures pour porter la vie autour de moi ?
– Puis- je, quand je sens que je perds le contact avec le présent, me recentrer sur le Seigneur en me remettant sous Son regard ?

BONUS : Vivement dimanche !

Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.

Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite. (Gn 2, 2-3)
Souviens-toi du jour du Sabbat pour le sanctifier (Ex 20,8)
Dans l’Ancien Testament, le Sabbat occupe une place impressionnante !
Le commandement du repos le 7ème jour a deux raisons principales :

– Le repos : « et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite » (Gn 2,2).
– Le temps consacré à l’action de grâce et la contemplation: « Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon … » (Gn 1,31)

Ce commandement recentre notre vie sur Dieu.

Prenons le temps de réfléchir à la place que nous faisons dans nos vies à ce commandement qui nous invite à « arrêter le temps » pour le goûter différemment.

Pistes de réflexion :

– Quelle signification revêt pour moi le Sabbat?
– Quelle est ma manière de le vivre ?
– Comment désirerais-je le vivre ? Quelles décisions prendre ?
– Qu’est ce qui me détend ? Qu’est ce qui me repose ?

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)