3 jours avec Déborah

Marcher dans l’équilibre avec Déborah.

Nous allons cheminer 3 jours avec Déborah, seule femme nommée comme « Juge » dans la Bible, fait assez remarquable pour s’y arrêter. Les enfants d’Israël pouvaient se rendre sous le palmier où elle siégeait pour rendre la justice. Déborah servait donc la justice selon le cœur de Dieu conformément aux lois telles qu’Israël les avait reçues. Sa position, sa renommée, laissent deviner une femme de foi reconnue et aimée.  Dans sa lettre aux femmes de 1995, Jean-Paul II  écrivait ceci : « Par la perception propre à ta féminité, tu enrichis la compréhension du monde et tu contribues à la pleine vérité des relations humaines ». Notre perception du monde est singulière et complémentaire de celle de l’homme. La beauté de ce regard a dans nos vies été parfois malmenée, nous prenons donc le temps de soumettre à Dieu nos vies de femmes avec Déborah.

Son prénom signifie : « abeille ». Immédiatement nous pensons à la douceur du miel, mais aussi à la force de ces armées d’abeilles qui savent s’organiser pour bâtir une maison nourricière…Elles sont d’ailleurs bien menacées en ces temps, et pourtant si indispensables à l’écosystème de la vie. La féminité se trouve parfois un peu coincée, menacée dans sa complétude, voir amidonnée dans une image toute faite, celle de la douceur ou à l’inverse de la dureté. Elle se trouve malmenée sur ces deux flancs, et nous avons parfois du mal à marcher dans l’équilibre. A force de nous abandonner à notre sensibilité, nous finissons parfois blessées, et nous nous endurcissons. Être une femme debout, qui marche dans l’équilibre entre force et douceur, audace et prudence…voilà ce que nous allons demander au Seigneur au cours de ces trois jours. Nous avons besoin d’un axe, d’une colonne vertébrale qui soutienne notre vie, notre identité, nos actions. Avec Déborah, nous apprendrons à marcher dans l’équilibre de notre féminité, une alchimie au féminin en nous, pas toujours évidente, et souvent brouillée par l’héritage de nos cultures, familiaux…Plus ou moins bien purifiés, évangélisés. Nous sommes dans le livre des Juges, au chapitre 4,1 : « Les enfants d’Israël firent encore ce qui déplaît à l’Eternel », nous dit la Parole. Cette constatation peut bien facilement être actualisée. Comme une anticipation du passage du Salut par le cœur d’une femme, Dieu va passer par celui de Déborah pour libérer Israël. Il y a comme un fil rouge qui passe par les mains de toutes ces femmes de l’Ancienne Alliance jusqu’à Marie et se continue par chacune de nous, si nous le voulons bien. Rappelons-nous ces mots de Jean-Paul II « Merci à toi femme, pour le seul fait d’être femme » (Lettre aux femmes).

Jour 1:

Qui suis-je. Où vais-je ? Déborah, une femme qui sait qui elle est et ce qu’elle fait.

Plus nous nous approchons de Dieu, plus nous  connaissons notre véritable identité, et plus nous découvrons qui nous sommes vraiment. Les yeux de Dieu sont le seul miroir non déformant et non décevant puisque nous y sommes parfaitement aimées.  La Bible définit Déborah en ces termes : « Prophétesse femme de Lapidoth et juge en Israël ». Si Déborah avait été dans la Nouvelle Alliance, nous aurions dit qu’elle était baptisée, mariée de son état et juge de profession.  Il y a là  une assise solide, un ordre des choses qui assure une stabilité, une orientation, un sens. Être enfant de Dieu, voilà notre toute première appartenance, puis vient notre vocation dans un d’état de vie spécifique et enfin notre service sur la terre à travers un travail, un apostolat. Déborah siégeait sous son palmier. Cette femme est donc installée, elle siège, (comme siège une reine), nous indique la stabilité de sa place, elle sait qui elle est et où est sa place. Nous pensons à l’ordre de Dieu dans la Genèse, de gouverner la terre.  Ici, la gouvernance de Déborah s’ordonne à sa loyauté au Seigneur. Elle est en premier fille de Dieu, ainsi nous en notre baptême. De plus, elle siège sous un palmier. En hébreux le mot « tomer » signifie palmier mais aussi « colonne, poteau », quelle assise ! Déborah connaît son identité en Dieu, la vocation où déployer le don d’elle-même et sa part de service à apporter à la société des hommes ! Elle est comme une colonne dans la maison de Dieu. Prenons ce temps pour remettre de l’ordre dans notre maison intérieure si besoin, pour réorienter le sens de nos vies, ainsi nous siègerons aussi.

 

Méditation

-Suis-je assise en Dieu ? Ma vie dépend elle en premier de Dieu et du reste ensuite ? Dieu est-Il premier dans mon cœur ?

-Il se peut que mariée, célibataire ou consacrée, mon état de vie soit encombré de toutes sortes de pensées du monde, puis je aujourd’hui, redonner à Dieu la faveur dans mon état ?

-Dans mon travail, mon service, Dieu est-Il au centre ? Comment puis-je Lui redonner sa place ?

Prière

Seigneur, aide-moi à ne dépendre que de Toi, ainsi je pourrais servir mes frères et sœurs dans le don et la chasteté du cœur dans cette vie. Si ma vie est en désordre, inspire-moi les conversions nécessaires pour enfin vivre à l’ombre de Tes ailes, en sécurité assise en Toi, mon seul abri.

Temps de cœur à cœur

Jour 2

Entreprendre avec Déborah, une femme douce et ferme.

Dans sa lettre aux femme, St Jean-Paul II écrit : « Merci à toi, femme-au-travail, engagée dans tous les secteurs de la vie sociale, économique, culturelle, artistique, politique, pour ta contribution irremplaçable à l’élaboration d’une culture qui puisse allier la raison et le sentiment, à une conception de la vie toujours ouverte au sens du « mystère », à l’édification de structures économiques et politiques humainement plus riches. » Nous avons donc notre partition à jouer, notre regard féminin à apporter. Pour cela, nous avons besoin d’être comme nous l’avons vu, bien installées en Christ. Deborah était ainsi éclairée dans ses intuitions et ses initiatives par sa connaissance des lois de Dieu, donc de Sa Parole, et sa relation avec Lui. Centrée en Dieu, elle entreprend avec une étonnante assurance. Face à la menace de l’ennemi en Israël, elle se révèle comme celle qui va transmettre la volonté de Dieu et encourager l’homme à obéir à ses ordonnances (celles de Dieu) pour marcher vers la victoire. Elle transmet à Barak, chef de guerre d’Israël, les bonnes stratégies pour le combat (Juges 4,6-8), Quelle femme ! Une Jeanne d’Arc avant l’heure. Elle n’a vraiment pas froid aux yeux ! Elle entreprend avec audace et confiance. C’est cette confiance en qui est Dieu et qui elle est, qui assure à Deborah une audace, une fermeté sans dureté, sans domination, une détermination sans peur. Notre extrême sensibilité féminine nous fait parfois douter de tout jusqu’à parfois nous freiner, nous paralyser. Une foule d’interrogations, de doutes, emprisonnent notre audace. La féminité est assez rapidement insécurisée, selon nos histoires personnelles, Deborah nous invite à chercher notre sécurité dans la présence de Dieu. Barak accepte le défi à condition que Deborah l’accompagne. Elle-même appuyée sur Dieu devient à son tour  colonne d’appui pour l’homme. Mais à la racine de cette force immense, nous rencontrons sa docilité, son obéissance son humilité en Dieu, l’oubli d’elle-même pour le bien de sa nation. Quel équilibre !

Méditation

-Quels sont mes rêves enfouis, réalisables mais restés à l’état de projet à cause de mes peurs… ?

 -Être une femme ferme dans sa foi et ses choix sans être dure, comment et en quoi dois-je rechercher cet équilibre ?

 -Ma féminité est-elle une force d’encouragement pour les autres ? Qu’ai-je à changer pour cela (négativité, pessimisme…)

 Prière

Seigneur, tu as donné à la femme une grande force d’âme. Je ne sais pas toujours correspondre et déployer ce que tu m’as donné. Viens à mon secours, Seigneur ! Afin que comme Deborah, j’entreprenne dans la force et la douceur, dans l’audace et la confiance.

Temps de cœur à cœur

 

Jour 3

Chanter les victoires de Dieu dans ma vie avec Deborah

L’ennemi est vaincu (par la main d’une femme, Yaël), et Déborah accompagnée de Barak va élever un cantique d’action de grâce, comme Myriam, Judith…jusqu’à l’accomplissement dans le Magnificat de Marie. Elle chante ainsi : «  Les chefs étaient sans force en Israël, sans force, quand je me suis levée, moi Déborah, quand je me suis levée comme une mère Israël.» (Juges 5,7).  Établie fille de Dieu, servante zélée, Déborah a pu déployer toute sa maternité. Sa fécondité s’étend au-delà des frontières de sa famille. Par son action, les enfants d’Israël retrouvent la paix, par son audace, ils retrouvent le chemin de la fidélité au Seigneur, par son obéissance, ce qui était faible se fortifie…Déborah est une femme de croissance, une mère qui fait grandir, qui élève l’autre, travaille au Bien commun. Elle a pu finir ses jours dans l’abondance de la paix de son cœur sûre de ne pas avoir travaillé en vain sur cette terre. Une vie de femme accomplie ! Comment ne pas voir en elle la dignité, la noblesse, et la grandeur de nos cœurs de femmes quand ils s’affermissent dans l’Amour et la Vérité, la Justice et la Paix ? Plus tard, le Seigneur dira au prophète Jérémie : « Car Je sais, moi, les desseins que Je forme pour vous – oracle du Seigneur  – desseins de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance. » Le croyons-nous vraiment pour nous ? Avons-nous laissé les évènements voler notre espérance et notre foi ? Retrouvons avec Déborah le chemin de notre filiation divine, de nos épousailles avec le Seigneur et la fécondité de notre maternité en ce monde. Dieu a besoin de chacune de nous ! Nous n’avons pas besoin, et Dieu non plus, de faire des œuvres POUR Dieu, mais nous avons soif de faire les œuvres DE Dieu. Que le Seigneur nous aide à tout recevoir de Lui, comme notre sœur Déborah.

Méditation

-Il y a-t-il dans mon cœur des points d’amertume qui m’empêchent de célébrer le Seigneur ?

-Dans quels domaines ai-je perdu l’espérance et la foi ?

-Suis-je une femme de paix, dans mes relations, mon service… ?

Prière

Seigneur, Tu m’as créée pour le bonheur ! Restaures-en mon âme tout ce qui s’est aigri, réveille mon espérance et ma fidélité, rend moi la joie toute simple d’être ta fille. Je te donne mon cœur, mes mains, ma vie, pour œuvrer à Tes œuvres sur cette terre.

Temps de cœur à cœur