L’onction “huile de canard”

Nous avons toutes lu avec bonheur et non sans larmes, l’intention de prière du Pape François pour ce mois de février : « La violence contre les femmes : Prions pour les femmes victimes de violence, afin qu’elles soient protégées par la société et que leurs souffrances soient prises en compte et écoutées. ». Des langues se délient, des secrets enfouis dans les cœurs, dans les chairs font leur entrée dans la Lumière. Dernièrement, une jolie petite grand-mère me disait : « comme cela fait du bien, enfin je peux parler, car j’ai été violée par mon père pendant 9 années ». Nous nous réjouissons de cette mise en lumière, de cette intercession de l’Église pour toutes les sœurs violentées. Les estimations prévoient qu’ils pourraient manquer 200 millions de femmes sur Terre en 2025 (lemonde.fr). Ce chiffre prend en compte toutes les sortes de violences faites aux femmes, de l’élimination dans le sein maternel en raison du sexe à la mortalité précoce en raison de la maltraitance.  Il y a dans nos vies les violences réellement subies qui crient justice, appellent à la lente procession du pardon, cette douloureuse mise en lumière et en miséricorde, et enfin leur libération/guérison. Mais il y a aussi les violences que nous commettons contre nous-mêmes.

Pour côtoyer nombre de femmes, je sais notre capacité à laisser entrer dans notre sanctuaire, des paroles, des regards, des attitudes qui interprétées par notre sensibilité se vivent comme de véritables violences subies. Mais si nous sommes honnêtes, nous nous violentons nous-mêmes, puisque d’une certaine manière, nous leur permettons de nous atteindre et de nous voler la paix de l’âme. Nous avons bien du mal à régner sur nous-mêmes, sur notre terre sainte, notre intériorité. C’est pourquoi, il nous faut demander l’onction « huile de canard » ! Vous savez bien que l’eau glisse sur les plumes du canard, ainsi il avance avec élégance sur les eaux. Allez ! Je vous vois venir, si j’en avais quelques flacons à vendre je ferais fortune, mais cela ne s’achète pas, il nous faut y travailler avec l’aide de la grâce. Dans la nature, les canards doivent régulièrement se lisser les plumes pour vivre à l’aise dans le milieu que le Créateur leur a assigné, l’eau. Cette même eau pourrait devenir un ennemi si le Créateur ne les avait pas dotés d’une petite glande qui produit de l’huile : la glande uropygienne. Ainsi notre milieu peut se transformer en ennemi si nous ne savons pas laisser glisser certains de ses composants agressifs comme l’eau sur les plumes d’un canard. Le problème n’est donc pas tant les agents extérieurs, que notre disposition intérieure. Cela ne s’arrête pas là : quand le canard plonge dans l’eau, ses plumes libèrent de petites bulles d’air qui emprisonnent l’eau et lui interdisent d’aller plus loin !  Voyez-vous ce que je veux dire ? Il ne faut vraiment pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages ! Nous avons été trempées dans l’eau du baptême, nous avons reçu le souffle d’air divin et l’huile d’onction, confirmées dans notre identité nouvelle d’enfant de Dieu, nous aussi avons été dotées de toutes les armes pour garder notre intériorité des assauts extérieurs. L’eau, le souffle et l’huile sont suffisants pour protéger nos vies spirituelles. A nous donc de nous tenir sur leurs frontières, à les protéger, à laisser partir ce qui menace la paix, à en interdire l’accès, à veiller sur nos portes, à nous positionner comme femmes debout, responsables des entrées et des sorties sur notre territoire. 

Nous sommes les sentinelles de nos cœurs, à nous de tenir l’épée du Saint Esprit et à défendre le trésor royal que Dieu nous a confié. Mais plus encore, nous avons le Sang de Jésus versé sur tout mal qui peut nous atteindre, rien qui ne Lui ait été soumis, aucune dette, aucune facture qui n’ait été payée ! Alors mes sœurs, menons une vie victorieuse en Jésus et avec une bonne dose d’onction « huile de canard » déployons nos ailes, et travaillons avec Lui à la Paix du monde !