Plus de Toi, moins de moi !

Ce mois-ci MFLT a organisé une session de guérison pour les intercesseurs des cénacles. Victor Hugo disait « La connaissance de Dieu sans celle de sa misère fait l’orgueil ». Nous avons travaillé à la restauration de notre liberté d’enfants de Dieu, car nous voulons porter des fruits pour le Royaume. (Gal 5).  Nommer nos blessures, les reconnaître afin de les mettre en lumière, les plonger dans la Miséricorde, nous laisser réconcilier, réorienter… Voilà quels furent nos travaux dans cette session.  Nous nous sommes exposés à la Parole de Dieu, au Saint Esprit, lui donnant la permission de transformer nos maux en Croix et nos croix en Résurrection. La guérison est bien souvent un pèlerinage, une traversée pour débarquer sur une autre terre, plus douce, plus lumineuse.  Nous avons appelé cette session : Guérir pour mieux servir. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que nous désirons vivre et servir non pas à partir de nos blessures, mais à partir de Sa blessure, à partir de son Cœur. En un mot, nous rendre disponibles pour Lui. En Lui, rien ne saurait nous manquer pour le rachat, la consolation, la guérison. Le voici ce Cœur qui a tant aimé le monde que nous voulons aimer et faire aimer. Nous avons tous et toutes soifs d’obéir à sa Parole, mais sans négliger la nécessité de lui soumettre toutes les paroles de nos vies qui s’opposent à la Sienne.

« Les plaies sont des canaux ouverts entre Lui et nous, qui reversent sa miséricorde sur nos misères. (Messe de la divine Miséricorde 2021)

Nous oublier pour Lui, Le servir toujours plus amoureusement, demande de bien connaître ce que nous quittons pour Le suivre, sous peine de revenir sans cesse à l’ouvrage, un pas en avant, deux en arrière… et notre zèle, notre charité s’épuisent ! C’est l’expérience de Sa Miséricorde qui me relie directement à son Cœur, voilà mon alliance de Feu. Elle, me guérit de toutes les maladies d’amour et me rétablit dans mon identité d’enfant de Dieu. Nos plaies sont la cible de Sa Miséricorde quand nous lui en donnons la permission, quand nous nous exposons confiants.   

« Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! » Math 5,3

Cette première béatitude touche le cœur des intercesseurs qui désirent œuvrer à l’élargissement du Royaume des cieux sur la terre. Dans la langue hébraïque, un pauvre est un doux, un petit, un désarmé. C’est la première béatitude qui couronne, chapeaute toutes les autres, un peu comme un mot d’ordre qui réordonne les choses selon le Royaume. Brièvement, pour nous, c’est être dépouillés de nos petites têtes d’orgueil, de ces fausses identités héritées de la culture du péché et de nos désamours.  Il y a un dévoilement progressif au long de nos vies. En effet, supporterions-nous de nous voir tels que nous sommes en un instant ? Mais à chaque dévoilement, nous pénétrons un peu plus dans la pauvreté en esprit et le Royaume s’élargit dans nos cœurs et son bonheur avec Lui ! Mais quelle aventure les amis ! Dernièrement un exorciste expérimenté déclarait au regard de son expérience du terrain : «  La ruse du diable est de nous faire croire que c’est difficile de rentrer au paradis, mais non, c’est facile parce que le Bon Dieu a toujours les bras ouverts ». Et là, j’entends déjà, les « ho ! » d’indignation, les « oui, mais quand même »… Autant de voix qui s’élèvent en nous comme pour dire « c’est trop simple ». Mais oui l’enfant, le pauvre est simple, il n’a plus de territoire à défendre, il est le riche héritier du Royaume de son père, il court à toute occasion dans ses bras et cet amour-là bannit toute crainte. Notre chère petite Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, ce génie de la théologie, avait tout compris si vite : « Ta Face est ma seule patrie, elle est mon Royaume d’amour ».

Alors oui, nous accueillons la guérison qui nous est offerte à chaque instant, mais nous prenons notre part : défricher dans nos cœurs des clairières pour Sa lumière. Travailler à la perte  de nos richesses intestines, de nos petites stratégies d’évitement du feu de Son Amour….Yala ! Nous sommes en mission permanente intramuros, dans nos cœurs et extramuros, là où le Seigneur nous conduit. Que le Royaume s’élargisse en nous et autour de nous !