Quand on n’a que… La confiance !

 

Le soupçon est un acide. Il ronge tout ce qu’il touche. Il s’attaque à la surface des choses en y laissant une marque indélébile… il détruit la confiance niveau par niveau. ” Thomas H. Cook

Vous noterez qu’il n’y a, à aucun moment, dans la Parole de Dieu le mot « chute » pour parler de l’entrée du péché originel dans le monde ! La Bible nous parle d’un homme et d’une femme qui marchent côte à côte et dont l’unité va être brisée, entre eux, et avec leur Créateur. Nous trouvons cependant ce mot à plusieurs reprises lorsqu’il s’agit de l’homme qui trébuche par son péché, ou bien de l’homme protégé par Dieu : « L’arrogance précède la ruine, et l’orgueil précède la chute » (Proverbe, 16 18), et encore : « Car tu as délivré mon âme de la mort, Tu as garanti mes pieds de la chute afin que je marche devant Dieu, à la lumière des vivants. » (Ps 56)

Lorsque nos relations se détériorent, lorsque la circulation de l’amour, de la tendresse, de la bonté est interrompue, il y a, à coup sûr, tapis au fond des cœurs, le même poison que pour Adam et Eve, le soupçon ! C’est lui, l’agent qui nous a séparés de l’Amour du Père. Tel le serpent, lorsqu’il passe la tête, nous savons qu’il pourra passer tout le corps ! Le soupçon est une racine amère de nos divisions. Vous connaissez le fameux sketch d’Anne Roumanoff : « On ne nous dit pas tout ! ». En un mot le soupçon a le regard braqué sur un mal qui se cache, qui ne se dit pas, mais qui à coup sûr, c’est certain, est à l’œuvre et dont nous voulons nous protéger, Wouhaou ! Un petit enfer portatif ! Le soupçon rampant dans les souterrains de nos âmes, détruit sans faire de bruit, sape l’amour, la relation ! Bien sûr, il ne s’agit pas d’être naïfs, mais de privilégier un apriori 100% positif sur chacun et Dieu premier servi. IMPOSSIBLE ! Humainement, c’est vrai, si nous estimons l’autre en fonction de ses agissements, mais cela devient possible si nous le regardons d’abord en enfant de Dieu. Pour combattre le soupçon, nous n’avons d’autre voie que de lever les yeux vers le regard du Père et à la suite du Christ devenir serviteur : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Philippiens 2, 5). Le monde est procédurier, nos cœurs sont procéduriers, et dans ce tribunal, nous connaissons tous le nom du magistrat, du défenseur du droit du Mal. 

Dans sa lettre aux Corinthiens, Saint Paul écrit au sujet de l’amour, de la charité : « elle ne soupçonne point le mal, » (1 Cor 13 5). Le verbe grec employé ici pour “soupçonner” se traduit par : « Compter, décompter, supputer, estimer, calculer, dénombrer » Vous le lisez, il s’agit d’une histoire de calcul ! Ce calcul est vite fait, le soupçon produit bien plus de mal qu’il n’en prévient. Et nous le savons, quand on aime, on ne compte pas, on ne pèse pas, on ne met ni soi, ni l’autre, ni Dieu sur une balance.  Point de poids et de mesure dans l’amour, l’amour aime un point c’est tout, il ne rajoute rien à cela ! Le soupçon, lui, rajoute et rajoute et rajoute… Il gravit une échelle dont à un moment il fera, à coup sûr, tomber sa victime et patatras, c’est la chute ! Coupons-le à la tête.

Alors, bien sûr la confiance nous délivre du soupçon. Mais comment la faire grandir dans nos cœurs ? Continuons avec Saint Paul au sujet de la charité que nous pourrions remplacer par « la confiance » :   la confiance se réjouit de la vérité ; la confiance excuse tout, la confiance croit tout, la confiance espère tout, la confiance supporte tout… La confiance n’a que l’amour à offrir en partage !

Alors travaillons à soupçonner le soupçon, à douter de nos doutes, ne nous trompons plus de cible et levons-nous comme des sentinelles sur les frontières de notre intime. La confiance est missionnaire, elle redonne espoir, réveille l’amour et témoigne de la Bonté du Père.  Devenons ces femmes de confiance, avec 100% d’apriori positif sur la bonté de Dieu, sur les autres et sur nous-mêmes. Je me souviens de ce grand psychiatre qui nous disait « dans le plus fou des hommes, il y a une lumière, mon travail est de regarder cette lumière pour la faire grandir ».  Car enfin, nous ne sommes pas ce que nous nous disons de nous-mêmes, et ni les autres ne sont ce que nous disons d’eux… Nous sommes tous ce que Dieu dit de nous…Wouhaou ! Un petit bonheur portatif ! Nous déposons tous nos comptes dans la main du Père afin de nous reposer en Lui ! « Tu es mon enfant et je t’aime ». Que cette voix résonne et nous bénisse ainsi que tous ceux que nous rencontrons ! Le soupçon avait fait glisser à terre la couronne royale d’Adam et Eve, la confiance en recoiffe nos têtes par l’abaissement du Christ. Prends soin maintenant de ta couronne ! Yala ! Pour la suite de l’aventure dans la confiance !