Que du bonheur !

Nous voulons toutes aimer, louer, célébrer la vie, nous voulons toutes le bonheur ! Bien vite, chemin faisant, nous réalisons que nous avons bien du mal à aimer, soi, les autres, la vie…, sans condition, sans balance, aimer point barre ! Des vents contraires soufflent sur nos élans. Notre émerveillement de la vie, de Dieu, de ses œuvres, de sa création …ne font guère les gros titres de notre « newsletter » journalière. Puis un jour nous abdiquons : « Décidément je ne sais pas aimer, je ne sais pas m’émerveiller durablement, je m’attriste en cette vie, alors, comme dirait Gad Elmaleh, « C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres », mais, surtout une pour le Royaume de Dieu en nous. Que d’épreuves, que de questions sans réponse, que de silences, que de patience, pour enfin entendre la voix de l’Evangile :

  “Heureux les pauvres en esprit car le Royaume des cieux est à eux” (Mt 5, 3).

Dans cette désillusion de nous-mêmes, dans cette abdication d’une quelconque prétention, roule, à terre, une tête d’orgueil, une tête de mort en quelque sorte, puisque nous ouvrons enfin la porte à la Vie elle-même! Soudain, le bonheur, l’émerveillement, la vie, l’amour sont libérés au plus profond nous et « c’est que du bonheur !!! », bonheur qui surgit d’une petite pâque personnelle.

« Je dirai : “Que me presse la ténèbre, que la nuit soit pour moi une ceinture” ; même la ténèbre n’est point ténèbre devant toi et la nuit comme le jour illumine. » Ps 139, 11-12

Dieu ne, ne cherche pas de « bonnes personnes », compétentes en amour, en joie…mais des personnes qui se laissent sauver et habiter par son Amour, sa Vie, sa Joie, Dieu cherche des pauvres à enrichir ! Dieu cherche des réceptacles pour y déverser le bonheur, car Il nous a faits pour cela (Catéchisme de l’Eglise Catholique 27).  Nous ne pouvons le recevoir de ce monde, nous pouvons le recevoir de Dieu et le déverser en ce monde, cela, oui ! C’est un retournement profond en nous, une conversion, comme ce retournement de Marie Madeleine :

« Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! »

Nous aussi avons à faire ce retournement afin que nos yeux s’ouvrent sur le Ressuscité, sur la Vie ! Alors l’amour en nous ne dépend plus des événements, de notre genèse personnelle …mais de Lui, du Ressuscité ! Nous le recevons enfin. Le féminin dans sa nature, est accueil, il reçoit la vie puis la donne… Faire l’expérience, d’accueillir enfin son amour pour nous, assure en nous la folie d’aimer, même ce qui n’est pas aimable, de nous émerveiller comme un enfant, de célébrer la vie. Dans le verbe « choisir » en hébreux, « choisis la vie » (Deut 30, 19), il y a la notion de « décider », décide toi pour la vie ! Donc d’une part nous avons à accueillir et de l’autre à nous décider, à initier un mouvement, et c’est cette alchimie entre Dieu et nous, cette collaboration au secret de l’âme qui fait de nous des vivantes ! Que du bonheur !