Tout ! Tout ! Tout !

Lors d’une séance chez mon ostéo préférée, il y a peu, cette dernière me disait en parlant de ses patients : « En ce moment je ne vois que des déprimés ou des révoltés ». À croire que ces temps nous poussent à ployer sous le fardeau ou à nous débattre. Bref, que l’on s’affaisse ou que l’on bataille, la situation est fatigante pour nombre d’entre nous. S’il y a une covid physique, il peut s’accompagner d’une forme de covid spirituel, une sensation impalpable, mais présente de lassitude, d’incertitude, de découragement.  Dans la tradition juive, le serpent a deux dents, la paresse et le découragement.

 « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau, léger. » (Math 11, 28-30).

Ici en grec, c’est le terme « Kopio » qui est employé pour « peinez » mais il veut dire aussi « être fatigué, travailler, avoir travaillé, avoir souffert ». La question est « comment venons-nous à Jésus ? », Jésus qui nous invite à venir comme nous sommes, toute entière avec tout ce que nous portons : fatigue, découragement, solitude… Malheureusement, nous faisons toutes de la rétention spirituelle. Pour peu que l’on nous ait présenté un Dieu qui n’accueille que les présentables, un Dieu qui juge, qui soupèse avant d’aimer, qui distribue des prix de bonne conduite… Et nous voici coupées en deux. Venir avec tout, absolument tout ce que nous sommes et ce que nous portons est un apprentissage, un entrainement. Imaginez un peu si Adam et Eve, accablés du poids de leur faute étaient venus au Père déposer leur fardeau !!! Non, qu’ont-ils faits ? Ils se sont justifiés. Allez pendant ce carême, nous avons bien quelques petites têtes d’orgueil à faire tomber de nos têtes de filles de Dieu, pour courir allégées dans Ses bras. 

À chaque fois que nous venons toute entière, les mains remplies de nos peines, pour sûr, nous réjouissons le Seigneur. Imaginez la scène : Une fille de Dieu vient aux pieds de la Croix et dépose tout ! tout ! tout. Où est Jésus alors ? Assis à la droite du Père. Regardez-le se lever » Père, regarde, elle m’amène tout, elle n’a rien caché, rien gardé, Tu as bien fait Papa de m’envoyer, ah ! oui ! j’ai bien fait d’y aller et l’Esprit Saint de danser de joie laissant couler l’huile du repos pour nos âmes ! Mais alors quel est ce joug que Jésus nous invite à prendre ? C’est l’Amour, Jésus me dit : « laisse-toi attelé à l’Amour » l’Amour supporte tout, espère tout, endure tout… l’Amour donne le repos.  Nous pouvons jeûner de nourriture et de bien d’autres choses au cours de ce carême, mais nous pouvons aussi jeûner de tout ce qui nous sépare du Seigneur : peur, mauvaise image du père, manque de confiance, manque de charité, de pardon et de miséricorde, défiance, présomption, superbe, colère, rancune et amertume, jugement et jalousie… en un mot, jeûner d’éloignement de Dieu, revenir à Lui de tout notre cœur. En effet, il n’y a rien, aucun atome de mal qui n’ait été cloué à la Croix, aucune parcelle de désespoir, aucune larme…tout ! tout ! tout ! Il a tout pris, son Sacrifice est suffisant ! Que voulons-nous de plus ? Lui ! Que veut-Il de plus ? Moi ! Avec tout ce que je porte afin de déposer sur mon épaule son joug doux et léger.

Dans le chapitre 58 d’Isaïe, nous lisons le jeûne qui plait à Dieu et ses conséquences dans nos vies : « Alors ta lumière jaillira comme l’aurore  et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice et la gloire du Seigneur fermera la marche. »

Allez mes sœurs, Yala ! Réjouissons le Seigneur, faisons danser de joie le Saint Esprit, faisons le tour de nos maisons et apportons tout ! tout ! tout !