Une culture de l’autre !

Une culture de l’autre !

« On ne peut annoncer Dieu d’une manière contraire à Dieu »

(Pape François, voyage au Canada juillet 2022)

 

« La personne à qui tu annonces la Bonne Nouvelle est plus importante que ton annonce ! » Malheureusement, je n’ai pas retrouvé les références de cette citation donnée par un évêque. Elle n’a apparemment rien d’extraordinaire, cependant elle reste une bombe atomique évangélique dans un Occident à la culture du repli sur soi, sur le moi, moi, moi. Que nous le voulions ou non, cette culture a aussi pollué nos cœurs de chrétiens comme l’odeur d’une pièce imprègne comme malgré vous vos vêtements. Il s’agit de se décontaminer régulièrement aux soins intensifs de la Parole de Dieu. Pour nous femmes, l’heure est grave et la question urgente de retrouver le talent, la beauté de notre vocation face au dictat de la rentabilité et de l’efficacité. Dernièrement le Pape François a nommé 3 femmes au dicastère qui discerne la nomination des évêques, donnant ainsi un message fort sur la place de la femme dans l’église, donc aussi sur la nécessaire altérité, source de fécondité. Ce même pape avait déclaré « La femme, dans l’Église, est plus importante que les évêques et les prêtres ; comment, c’est ce que nous devons chercher à mieux expliciter, parce que je crois qu’il manque une explication théologique de cela. » Nous pouvons simplement observer que dans la Nouvelle Alliance, à l’instar de l’Ancienne, Dieu s’adresse d’abord à une femme, Marie, et l’homme suit le projet de Dieu pour toute l’humanité à travers la femme, et de même pour l’annonce de la Résurrection dont l’annonce est d’abord offerte à Marie-Madeleine, femme qui s’est laissée purifiée et sauvée par le Christ, une femme qui a beaucoup aimé ! (Luc 7 47).

Il faudrait bien des heures pour approfondir ce sujet dans toute sa profondeur, ses nuances et la dimension incontournable de la commune-union de l’homme et de la femme… Mais je peux déjà me poser cette question : « Ce mandat missionnaire féminin ne comporte-t-il pas l’invitation de remettre sans cesse la personne au centre et au sommet de tous les élans ? Cela est valable pour tout un chacun, mais cet élan n’est-il au cœur de notre féminité/maternité ?  Comme peut être une « antidote » à la culture envahissante de la réussite, du succès à tout prix, de la performance… ? 

En Luc 10, 20 Jésus envoie 70 disciples en mission, en leur donnant toutes les instructions nécessaires. Ces derniers reviennent pleins de joie, la mission a en effet été bien fructueux. Et là, ces derniers reçoivent un puissant recadrage. Jésus immédiatement les réoriente à la cause de leur mission :    « Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. »  Il semble leur dire : « oui, vous avez expérimenté l’autorité sur le mal, mais cela n’a de sens que parce que vous êtes aimés… ». Ce verset sonne presque comme une mise en garde dont notre monde contemporain a bien besoin.

« C’est pourquoi, en ce moment où l’humanité connaît une si profonde mutation, les femmes imprégnées de l’esprit de l’Évangile peuvent tant pour aider l’humanité à ne pas déchoir. » (Paul VI, clôture de Vatican II, 8 déc. 1965)

Nous désirons nous laisser imprégner de cette culture de l’Évangile, charte d’une écologie divino/humaine qui replace sans cesse la culture de l’autre sur la première marche du podium. C’est un combat qui se déroule d’abord dans nos propres cœurs, alors Yala !  Nos noms et ceux des personnes que nous croisons sont inscrits dans la paume de la main de Dieu, c’est la grande nouvelle que nous voulons annoncer à tous ! Alors, au soir de la Vie, lorsque Jésus nous accueillera, Il se tournera vers son Père et lui dira « Elle a beaucoup aimé ». 

 

Méditation

-Prendre un temps pour observer dans ma vie à quels niveaux la culture du « Moi », du « Bien être à tout prix » de la culture du monde exerce une influence dans ma vie.

-Où en est en moi la culture de l’autre, l’attention, l’écoute… ?

-Dans quels domaines je peux grandir, diriger mes efforts ?

-Que puis-je mettre en place pour cela ? Rechercher dans la Bible un verset qui répond particulièrement à mon besoin de croissance dans ce besoin et peut-être l’écrire et l’afficher en face de mon lit, au-dessus de ma glace, dans la cuisine…

-Que veut dire pour moi que l’autre est mon frère, ma sœur ? Puis y voir le visage de Jésus, son enfant ? Comment ajuster mon regard ?

Prière

Père, augmente en moi la foi en ton amour, afin que je puisse déborder avec joie et bénir tous ceux que je croise. Jésus soutient mes efforts dans mon désir de donner ma vie et mon renoncement à utiliser l’autre pour moi, mes besoins, ma satisfaction. Saint Esprit, élargi mon cœur à l’accueil de tout autre présent sur mon chemin. Alors libre de la tyrannie du moi, je m’élancerai joyeuse pour annoncer la bonne nouvelle de ton amour. Je sais, à la suite de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, qu’aimer c’est tout donner et se donner soi-même.