Victorieuses

« La femme, porte désormais une bénédiction secrète et particulière, pour la lutte contre le démon » (16/11/2015)

Nous voici en plein carême ! Le mot « carême » vient du latin « quadragesima », le quarantième ! Oui 40 jours avant Pâques, puis 50 jours après Pâques, nous fêterons la Pentecôte. Voyez comme Pâques est l’événement charnière autour duquel s’articulent ces deux temps liturgiques. Le Carême est donc un temps de préparation pour accueillir la grande fête de Pâques où toute l’Eglise proclamera : «Le Christ est Ressuscité!» et les fideles répondront : «Il est vraiment Ressuscité!». Une chose est de le savoir, une autre de le vivre comme une réalité qui conduit ma vie. Pour faire ce grand Passage, notre âme est le théâtre d’un grand combat intérieur dans lequel toute la liturgie de ce temps nous aidera à choisir le Christ, à cheminer vers une évangélisation intégrale de notre personne, à renoncer à nos chemins de mort et des lors à choisir le Vie.

« Je prends aujourd’hui à témoin les cieux et la terre contre vous voici, que j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction; choisis donc la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité; » (Deut 30,19).

Nous verrons ces jours : combien la vie  est un combat !

                                            Combien en Christ nous avons une autorité !

                                           Combien la femme est au cœur de ce combat !

Bonus :                              l’arme secrète !

1er jour :

« C’est pourquoi je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur » (Os 2,16)

Jésus vient de recevoir le Baptême par Jean-le-Baptiste. Le dernier des prophètes dit de celui qu’il voit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Quelle parole forte ! En effet, Il vient donc d’abord pour enlever quelque chose dans mon cœur. Souvent nous demandons ceci, cela, alors que Jésus nous dit «donne moi ceci et cela». En effet, suite à l’épisode du désert, Jésus se rendra dans la synagogue de Nazareth et lira la prophétie d’Isaïe 61,1: «L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération ». Il annonce donc ensuite qu’Il est venu pour nous libérer ! Nous pourrions penser que Jésus est venu pour nous apprendre à aimer par exemple, non ! Il vient d’abord pour nous libérer afin que nous soyons libres pour aimer !

Dans le bruit du monde, emporté par le mouvement, il nous est difficile de distinguer ce qui nous rend captifs ! Nous avons du mal à discerner entre les ombres de ce monde et la Lumière divine, c’est dans le silence du désert, à l’écart, que nous commençons à voir, à nous voir, dans la vérité. Cette connaissance de soi est le premier pas pour entrer dans le combat victorieux du Christ.

Sainte Therese d’Avila à ses sœurs : « C’est une chose si importante de nous connaître que je ne voudrais pas qu’il y eût relâchement en ce point, quelque élevées que vous soyez dans les cieux. »

Au désert nous apprenons aussi de Jésus qui nous sommes sous le regard de Dieu. «Alors l’Esprit Saint conduisit Jésus dans le désert pour qu’il y soit tenté par le diable.  Après avoir jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, il eut faim.  Le tentateur s’approcha et lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pains » (Math 4,1-3).

Nous apprenons que l’Esprit Saint conduit Jésus au désert, il y a donc une intention divine, pensons ainsi aux déserts de nos vies, ils cachent des révélations pour nous même, ils nous amènent à une vrai faim de Dieu. Puis, que fait le démon pour le tenter ? Il lui dit «si tu es le fils de Dieu» !!!Et voilà, vous commencez à comprendre sa perversité ? Il remet en doute la filiation ! Car oui, la voilà notre véritable identité, nous sommes les filles de Dieu. Mais souvenez vous, c’est à la femme en premier que le démon pour perdre le genre humain, avait dit « vous serez comme des dieux ». Si je suis comme Dieu, je ne suis plus son enfant ! Logique non ? Le combat est donc de ré-accueillir cette identité filiale.

Mais davantage encore pour les femmes : identifier les « comme », c’est-à-dire cette tendance à l’idéalisation qui souvent nous perd, idéalisation de l’homme, de personnes, de leaders…et voilà, nous sommes déçues et menacées d’amertume, de jugements… ! Pour retrouver la belle espérance qui ne déçoit jamais, il nous faut donc d’abord apprendre à la mettre tout en Dieu et perdre tout nos « comme ».

Pistes de réflexions :

-Où en suis-je avec ce sentiment de filiation divine ? Un peu, beaucoup, passionnément ?

-Regarder touts les expériences de déceptions humaines et les abandonner au Seigneur !

-Identifier tous les « comme » de ma vie qui tiennent captive ma liberté d’enfant de Dieu.

Prière :

Père, me voici moi (dire son prénom) ton enfant. Je sais que dé

s avant la fondation du monde, déjà j’étais dans tes pensées et que rien ne peut me séparer de toi par Jésus mon libérateur. Je te donne  toutes les fausses identités (on peut nommer tous les « comme ») de ma vie et toutes les personnes, paroles et situations impliquées. Aujourd’hui je proclame avec toute ma volonté que tu as remporté la victoire sur tous ces mensonges et que tu fais toutes choses nouvelles en moi. Je choisis la vie.

 

 

2ème jour : Une autorité

«Le diable le transporta encore sur une très haute montagne. Là, il lui montra tous les royaumes du monde et leur magnificence. Puis il lui dit : Tout cela, je te le donnerai si tu te prosternes devant moi pour m’adorer. Alors Jésus lui dit : Va-t’en, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte.  Là-dessus, le diable le laissa. Et voici que des anges vinrent et se mirent à le servir ». (Mt 4,8).

Ça alors ! Satan pouvait donner quelque chose, mais qu’avait-il ? Ou plutôt qu’avait-il volé ? Une autorité ! Dieu avait dit : «Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre» (Gn 1,28). Cette autorité avait été confiée à l’homme, et c’est Dieu fait homme qui vient reprendre les clefs de l’autorité ! Jésus lui même dit : » « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui- même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait »(Jn5,30). Jésus nous dit qu’Il fait tout dans sa position de fils ! C’est pourquoi Il dira que nous ferons des miracles plus grands encore ! Mais qui avait donné l’autorité au démon ? Adam et Eve bien sur ! Et Jésus la reprend et nous la donne, elle est dans notre baptême, nous avons une autorité sur le mal dans nos vies !

Cela est important pour nos cœurs de femmes ! Particulièrement sensible, la femme a aussi besoin d’être investie de fermeté. L’Amour n’est il pas douceur et fermeté ? Trop de sensible ? , on s’écroule ! Trop de fermeté ? On s’endurcit !

« Dites simplement « oui » si c’est oui, « non » si c’est non. Tous les serments qu’on y ajoute viennent du diable. » Mt 5,37

Cette autorité est en vue du bien, orientée sur la Vie du Royaume, afin que nos vies deviennent un évangile vivant. Un commentaire juif et très libre de la genèse exprime : «la femme est devant ! En effet, elle avait reçu la transmission de l’ordre de Dieu sur l’interdit par la bouche d’Adam, c’est une des raisons pour laquelle le démon va la tromper en changeant les termes de Dieu. Désormais, Dieu dit «je parlerai d’abord à la femme ! ».  Le démon savait qu’en ayant le cœur de la femme, il aurait tout le reste, c’est pourquoi, de façon singulière la femme doit veiller au bon exercice de son autorité en Christ. En tant que femme, tu es l’aide privilégiée de Dieu sur la terre, Jean Paul II dira dans Mulieris Dignitatem : «Dieu confie l’être humain à la femme ».

Les expériences de vie, les blessures, les situations, épreuves ont peut-être affaiblit mon autorité.

Nous prions le Notre Père : «que ton règne (basileia) vienne », le mot grec « basileia » veut aussi dire « autorité », il s’agit ici d’une autorité royale !

Exercice :

Quand exercer cette autorité ? À chaque fois que le découragement, le trouble, tout ennemi intérieur vise à me séparer de ma belle confiance de fille de Dieu…

Mais que faire alors ? Par exemple si mon coeur est plein de colère, à voix haute je peux déclarer : « Seigneur vient régner sur cette colère, tu es le Roi, tu as vaincu la mort et je proclame que déjà tu es victorieux de ma colère », alors il arrive bien souvent qu’ayant rendu à Dieu l’autorité sur la chose, Il commence à nous éclairer sur les raisons profondes de cette colère, à nous éclairer sur les besoins de réconciliations…à nous libérer !

(on peut aussi chanter des psaumes, louer comme les hébreux à Jéricho qui par leur louanges ont détruit la forteresse de l’ennemi, ouvrant ainsi le passage vers la terre promise..)

« Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire.” Luc 10.19

Pistes de réflexions

-Ai-je conscience de l’autorité que Jésus m’a acquise par sa mort et sa résurrection ?

-Quels sont les événements de ma vie qui m’ont profondément intimidée et affaibli dans mon autorité de chrétienne pour ma vie ?

Exercer l’autorité est affaire de notre volonté. Ai-je tendance à laissé mes sentiments conduire ma voiture ?

 Prière :

Merci Seigneur d’avoir traversé le désert et toutes les tentations et intimidations de l’ennemi pour moi. Tu vois tout mes tremblements, mes peurs, mes doutes, viens Jésus ! Viens réveiller en moi tous les dons de mon baptême afin que je marche sur cette terre en fille de Dieu, debout et victorieuse dans le combat.

 

3ème jour :  La femme au cœur du combat

La plus vieille polémique du monde, la première, est entre la femme et le serpent. Nous voyons en apocalypse 12 : «Alors un signe grandiose apparut dans le ciel : c’était une femme. Elle avait pour vêtement le soleil, la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, sur le point d’accoucher, et ses douleurs lui arrachaient des cris ». Donc à la fin aussi, la femme est au cœur du combat !

Le cœur de la femme est  un lieu stratégique dans l’histoire du Salut, le pape dit » « Une Église sans les femmes est comme le Collège apostolique sans Marie. Le rôle de la femme dans l’Église n’est pas seulement la maternité, la mère de famille, mais il est plus fort : c’est vraiment l’icône de la Vierge, de Notre Dame, celle qui aide l’Église à grandir ! Mais pensez que la Vierge Marie est plus importante que les apôtres ! Elle est plus importante ! L’Église est féminine, elle est Église, elle est épouse, elle est mère ».

Bien souvent nous avons peu conscience de qui nous sommes en tant que femme, quelle belle alliance il y a entre Dieu et nous. Depuis la nuit des temps l’ennemi va bâillonner la femme à travers les civilisations, car une femme debout en Dieu, dans sa Volonté, est véritablement une menace pour lui, alors il déploie toutes sortes d’armes pour la combattre : la déception, la frustration, l’ amertume, les regrets, l’égoïsme…il veut l’autorité sur son intérieur, justement parce que cet intérieur, comme nous l’avons déjà vu, peut être tabernacle de Dieu à la suite de Marie, et comme Marie à la visitation, le cœur de la femme porte ce qu’ elle porte à tous ! Prophète et missionnaire ! 

« Il y a dans la féminité une « sorte de prophétie immanente »  (Mulieris Dignitatem 29)

Proverbe 31,10 décrit ce qu’est une femme accomplie en Dieu» : Une femme parfaite « echet-yahil », qui la trouvera ? Littéralement en hébreux, « echet- yahil » veut dire une femme soldat. Il s’agit ici d’un terme que l’on retrouve dans la Bible pour l’armée. Notre souci va être celui de mener le bon combat, celui de Dieu, de ne pas nous tromper de combat. Quels intérêts défendons-nous dans nos vies ? Quelle est notre vision, quelles sont les victoires que je veux remporter, pour qui, pour quoi ? Prenons un temps pour nous recentrer sur les objectifs du Royaume de Dieu.

Pour ce qui est des armes, nous les avons toutes ! St Paul les décrit avec précision (Eph 6,10-20), à nous de les affuter, dans la prière, dans notre vie sacramentelle, un accompagnement…

Le démon n’a rien inventé, il prend des qualités confiées à la femme et les dévoie, les sali. Si ma douceur féminine par exemple, m’a été dérobée par l’amertume qui elle m’a conduit à la dureté, alors avec les armes de Dieu je vais récupérer mon trésor !

«Il faut espérer que s’ouvre enfin pour l’humanité une ère de la femme : une ère du cœur, de la compassion », a-t-il ajouté. La femme a elle aussi « besoin d’être sauvée par le Christ, a-t-il expliqué. Mais il est certain qu’une fois sauvée par le Christ et ‘libérée’ sur le plan humain, d’anciens assujettissements, la femme peut contribuer à sauver notre société de certains maux profondément enracinés qui la menacent : la violence, la volonté de puissance, l’aridité spirituelle, le mépris de la vie… ».Père Cantalamessa 6 avril 2007.

Piste de réflexion :

-Qu’est  ce qui a besoin d’être sauvé par le Christ dans mon cœur de femme ?

-Qu’est ce qui m’a amené à cela ?

-Cela demande t-il une confession, un accompagnement ???

Exercice prière :

J’ouvre la Bible en Éphésiens 6,10. Debout, je lis le texte lentement et je mime chaque arme en m’en revêtant. Par exemple : je mime le geste de me mettre une ceinture, j’attache bien la boucle, je mets le casque du salut sur ma tête…Puis je finis en chantant le Magnificat dans lequel je peux insérer mon prénom ! ex : Mon âme à moi (Prénom) exalte le Seigneur…

 

 

Bonus : Dieu cherche ton « oui »

A Fatima, Marie a annoncé « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ». Ce triomphe ne commence t-il pas de façon singulière dans le cœur de toute les femmes lorsqu’à la suite de Marie, elles offrent un « oui » à Dieu ? Toute la création devait être en arrêt dans l’attente de la réponse de  Marie à la visite de l’ange, suspendue aux lèvres d’une femme ! Nous pouvons imaginer les oiseaux, les herbes…car toute la création soupirait après ce jour. L’autorité de Marie est dans son « oui », un beau oui, total, sans partage, entier… «Comment cela se fera t-il puisque je ne connais pas d’homme ? » demande-t-elle ? Ici, déjà elle affirme que cela se fera, oui, mais comment ? Et la réponse est la venue du St Esprit « l’Esprit Saint viendra sur toi… »

Eve s’était laissée séduire par les promesses du démon, laissons nous séduire par celles de Dieu pour entrer dans la victoire de l’Amour dans nos vies. Toutes ensembles attirons sur ce monde déchiré la Pentecôte de l’Amour… «OUI ! Maranatha !»

A écouter : « plus de statue de Baal » de Stéphanie Lefevre:

https://www.youtube.com/watch?v=jAfP2sUbAG8