Votez pour Jésus

Les spécialistes des campagnes électorales redoublent de créativité pour diffuser des slogans aptes à capter le suffrage de l’électeur. Eh bien, voici le nôtre, en tant que filles de Dieu, pour la défense du Royaume, « Seul l’amour est éternel, le mal n’a pas d’avenir ! » Et pourtant, nous dépensons bien trop de temps avec lui. Imaginez que vous receviez un capital « vie éternelle », ce Bien, ce Beau, ce Vrai, l’Amour, et qu’à chaque compromis avec le mal, vous perdiez un peu de votre capital. Imaginez que cette vie éternelle, cet Amour, soit à chaque critique, mensonge, jugement, pensée méchante, déchiré, blessé, sali, endommagé. L’image a ses limites, mais elle permet de s’approprier un peu, malgré notre opacité, l’immensité de cette chose que nous avons bien du mal à réaliser et à mettre en actes. Nous ne sommes pas l’Immaculée pour être ainsi sans aucun compromis, nous avons besoin d’une puissante conviction et d’une conversion permanente. Comment l’ennemi nous fait-il chuter d’ordinaire ? Il crée une frustration dans nos cœurs assoiffés d’amour, de justice… Le mot femme (femelle/hébreux en Gén 1,27) « neqebah » veut dire « creux ». Oui, il y a un creux dans nos vies, un espace en attente et c’est le point le plus stratégique pour Dieu ou pour l’ennemi, pour l’acte bon ou l’acte méchant.

« L’acte méchant est un transfert sur autrui de la dégradation qu’on porte en soi. C’est pourquoi on y incline comme vers une délivrance ».  (Simone Weil- philosophe)

Pourtant, Jésus dit bien à la femme pécheresse en Jean 8 ,11 « Va, et ne pèche plus ». On a alors immédiatement envie de lui dire « Mais Jésus, ta demande est irréalisable à moins que tu ne veuilles me conduire ailleurs ». En regardant cette femme adultère, on imagine bien volontiers qu’elle s’était réfugiée dans les bras d’un amour illégitime, poussée par le désir, par ce « creux », par l’attente. Oui, le désir est bien la clef pour chacune de nous et pour Eve en premier qui n’avait pas mis le bon bulletin de vote, un bulletin sans avenir. Jésus semble dire à notre amie pécheresse : « Ne vis plus dans le péché, face à tes soucis, à ta soif, choisis la Vie, choisis-Moi, je suis toujours à tes côtés ». Saint Paul nous trace le chemin de cette logique de mort, de cette économie du mal : « Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort. » (Jacques 14,15). Si nous ne pouvons rien faire en dehors de Jésus (Jean 15,5), Lui aussi, dans cette économie de l’Amour, dans cette divine logique, a décidé de faire avec nous.

Que désirons-nous plus que tout, plus que nous – même ? Nous sommes des reines par notre baptême. Les reines vouent une loyauté indéfectible à la couronne déposée sur leur tête. Sainte Thérèse d’Avila était dans sa jeunesse passionnée de roman de chevalerie médiévale et son œuvre, son ardeur, son zèle sont tout imprégnés de cette vie guerrière et conquérante. Cependant, c’est pour une autre noblesse, un autre royaume, sur un autre champ de bataille qu’elle dépensera ses forces, le Royaume de son Seigneur Jésus.

Ainsi, portons allégeance au Roi des Rois, renonçant à vivre dans le péché, mais dans sa Présence, dans la Parole, dans la culture de son Amour, seule terre où nous avons un avenir. N’oublions pas, le mal n’a absolument aucun avenir, que cette vision nous porte, nous encourage à mener le bon combat. Sarah, Judith, Esther, Déborah… jusqu’à Marie, une farandole de femmes nous précède, saisissons leurs mains. Notre armée ? L’Église ! Notre caserne ? La Parole de Dieu ! Notre devise ? « Dieu est Amour » ! Notre champ de bataille ? Nos cœurs ! Notre armure : (Éphésiens 6,12)

La ceinture de la vérité : La ceinture tient tout l’ensemble, c’est l’axe qui assure la solidité. Refuse le mensonge sur toi, l’œuvre du « confuseur », sur les autres, sur Dieu. N’entretiens pas le compromis, le mélange : Dieu premier servi !

La cuirasse de la Justice : Dieu seul est juste, confie Lui les injustices de ta vie, renonce à les gouverner de toi-même. Revêts-toi de Lui, dans l’intimité, à travers les sacrements. Centre-toi sur Lui, afin qu’il te remplisse, sois pleine de Lui. Annonce sa Justice et sa Miséricorde.

Les chaussures du Zèle : Il y a une puissance dans ta voix de femme, tes comportements sont paroles, tout en toi est annonce. Sois celle qui annonce la Bonne Nouvelle. Ne te préoccupe pas du regard des autres, fixe le Christ.

Le bouclier de la Foi : En dehors de Lui, tu ne peux rien faire. Tiens-toi en Lui, il te protège. Il a pris tous les coups sur Lui pour te sauver, car Il t’aime, ce credo sera ton bouclier qui vaincra tous tes ennemis.

Le Casque du Salut : Tu as besoin d’être sauvée, ne sois pas ton propre chef, ne te suffit pas à toi-même. Ta fierté, c’est le Seigneur, tiens droites tes pensées, demande la Sagesse. Il te dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas, vas, ta foi t’a sauvée », garde ce chemin, suis-Le.

L’épée de l’Esprit : Tu n’es pas orpheline, l’Esprit sans cesse te dit « Viens ». Rentre dans ta chambre intérieure et souvent parle avec Lui, Il te cherche, sois femme d’intimité avec le Saint Esprit.

La Parole de Dieu : Mange la Parole, comme Marie, porte là dans ton cœur. Promène-toi souvent dans ce jardin clos afin qu’il devienne ton milieu naturel, que tes « oui » et tes « non »  soient de plus en plus parole de Dieu au cœur du monde.

Yala ! Pour conquérir de nouveaux territoires en nous et autour de nous !